Un conseil de lecture ? #7

Fil d'ariane

Lake Success Gary ShteyngartUn road-trip à travers l’Amérique

Lake Success – Gary Shteyngart – Editions de l’Olivier – 2020

 

 

Barry Cohen, quadra New-Yorkais d’origine juive, gère un fonds spéculatif de plus de 2 milliards de dollars. Il vit dans un luxueux appartement au 17ème étage d’une tour en face du Flatiron en plein cœur de Manhattan. Son épouse, Seema, la petite trentaine, d’origine indienne, est fraîchement diplômée d’une prestigieuse université la promettant à une brillante carrière d’avocate.
Leur fils Shiva grandit au milieu des précepteurs et des nounous les mieux qualifiés.

A priori la famille évolue dans le meilleur des mondes. Mais les troubles du comportement de Shiva viennent perturber la quiétude. Le couple convoque les meilleurs experts, le diagnostic tombe, Shiva est autiste. Désormais la vie des Cohen s’articule autour de lui. Seema met sa carrière entre parenthèses et s’entoure d’éminents spécialistes. Barry, incapable de témoigner la moindre marque d’affection à l’égard de ce fils déficient, garde une certaine distance. Dans le même temps, il se trouve sous le coup d’une enquête de la commission boursière pour un délit d’initié.

L’horizon s’obscurcit et tout bascule au cours d’un dîner avec un couple d’amis lorsque l’hôte évoque Shiva dont le« diagnostic » est gardé secret. Après une violente dispute avec sa femme, Barry décide de tout quitter.
Sans téléphone, ni carte bancaire, il entreprend un road-trip en bus à bord de la compagnie Greyhound. Son voyage initiatique l’emmène vers le Nouveau Mexique où il espère renouer avec ses origines et son premier grand amour.
A chaque étape, son périple s’enrichit de nouvelles rencontres. L’Amérique profonde et désenchantée se révèle à ses yeux. Un mexicain borgne s’endort sur son épaule, un dealer l’entraîne dans une aventure improbable de vente de crack, une étudiante noire lui offre ses faveurs… Au fil des kilomètres, des liens se tissent et Barry s’impose naturellement comme un réconciliateur.

Avec humour et dérision, Gary Shteyngart dévoile l’introspection d’un homme d’origine modeste à l’enfance difficile mais qui, à force de conviction, s’est hissé au sommet du monde de la finance.
Son fonds spéculatif est florissant mais Barry s’interroge sur la légitimité de son ascension professionnelle.
L’auteur met en exergue la fracture sociale à l’heure où la candidature de Trump plane sur la nation. Quel avenir se profile pour un enfant autiste dans un pays où un candidat aux élections présidentielles singe une personne handicapée sur un plateau de télévision ?
Ce voyage donnera-t-il à Barry un second souffle ? Trouvera-t-il la capacité à renouer avec son fils ?

Florence

Liens :

 

Lake Success Gary ShteyngartUn road-trip à travers l’Amérique

Lake Success – Gary Shteyngart – Editions de l’Olivier – 2020

 

 

Barry Cohen, quadra New-Yorkais d’origine juive, gère un fonds spéculatif de plus de 2 milliards de dollars. Il vit dans un luxueux appartement au 17ème étage d’une tour en face du Flatiron en plein cœur de Manhattan. Son épouse, Seema, la petite trentaine, d’origine indienne, est fraîchement diplômée d’une prestigieuse université la promettant à une brillante carrière d’avocate.
Leur fils Shiva grandit au milieu des précepteurs et des nounous les mieux qualifiés.

A priori la famille évolue dans le meilleur des mondes. Mais les troubles du comportement de Shiva viennent perturber la quiétude. Le couple convoque les meilleurs experts, le diagnostic tombe, Shiva est autiste. Désormais la vie des Cohen s’articule autour de lui. Seema met sa carrière entre parenthèses et s’entoure d’éminents spécialistes. Barry, incapable de témoigner la moindre marque d’affection à l’égard de ce fils déficient, garde une certaine distance. Dans le même temps, il se trouve sous le coup d’une enquête de la commission boursière pour un délit d’initié.

L’horizon s’obscurcit et tout bascule au cours d’un dîner avec un couple d’amis lorsque l’hôte évoque Shiva dont le« diagnostic » est gardé secret. Après une violente dispute avec sa femme, Barry décide de tout quitter.
Sans téléphone, ni carte bancaire, il entreprend un road-trip en bus à bord de la compagnie Greyhound. Son voyage initiatique l’emmène vers le Nouveau Mexique où il espère renouer avec ses origines et son premier grand amour.
A chaque étape, son périple s’enrichit de nouvelles rencontres. L’Amérique profonde et désenchantée se révèle à ses yeux. Un mexicain borgne s’endort sur son épaule, un dealer l’entraîne dans une aventure improbable de vente de crack, une étudiante noire lui offre ses faveurs… Au fil des kilomètres, des liens se tissent et Barry s’impose naturellement comme un réconciliateur.

Avec humour et dérision, Gary Shteyngart dévoile l’introspection d’un homme d’origine modeste à l’enfance difficile mais qui, à force de conviction, s’est hissé au sommet du monde de la finance.
Son fonds spéculatif est florissant mais Barry s’interroge sur la légitimité de son ascension professionnelle.
L’auteur met en exergue la fracture sociale à l’heure où la candidature de Trump plane sur la nation. Quel avenir se profile pour un enfant autiste dans un pays où un candidat aux élections présidentielles singe une personne handicapée sur un plateau de télévision ?
Ce voyage donnera-t-il à Barry un second souffle ? Trouvera-t-il la capacité à renouer avec son fils ?

Florence

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Extrait :

Barry Cohen, homme aux 2,4 milliards de dollars d’actifs sous gestion, entra d’un pas chancelant dans la gare routière de Port Authority. Il était visiblement ivre et saignait.
La dernière fois qu’il s’était rendu à Port Authority remontait à vingt-quatre ans. Il avait pris le car à destination de Richmond, en Virginie, pour aller voir sa petite amie de fac. Il se repassait mentalement ce voyage de jeunesse chaque fois que le cours de l’indice S&P le minait ou qu’il découvrait un nouveau et terrible fait sur les troubles dont souffrait son fils. Quand Barry fermait les yeux, il voyait le long ruban d’autoroute, son pays l’appeler des deux côtés de l’asphalte. Il s’imaginait assis sur un dur banc de bois devant quelque cahute au bord de la route. Une femme épaisse qui marchait en crabe et n’était jamais à court d’anecdotes à raconter lui servait une assiette de haricots au vinaigre et de porc braisé. Ils discutaient d’égal à égale de la période de leur vie où tout avait déraillé, et elle lui offrait le repas, mais il payait quand même. Et elle disait : « Merci, Barry », car malgré les fortes disparités d’actifs sous gestion qui existaient entre eux, ils s’appelaient déjà par leur prénom.
Il s’approcha en titubant de la rangée de policiers et policières qui protégeaient les barrières du dispositif de sécurité nocturne conduisant les voyageurs de la rue jusqu’aux portes. « Où sont les cars ? demanda-t-il. Je veux partir d’ici. »

 

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