Un conseil de lecture ? #9

Fil d'ariane

Alejandro Palomas debchroniqSupercalifragilisticexpialidocious

Le petit garçon qui voulait être Mary Poppins – Alejandro Palomas – Editions Le Cherche Midi (2020)

 

 

C'est l'histoire de Guille, un petit garçon qui voue une passion sans borgne à Mary Poppins. Souvent dans la lune, il n'a qu'une seule amie : Nazia, sa voisine pakistanaise qui est dans la même classe que lui. Un jour, la maîtresse demande à ses élèves ce qu'ils voudraient faire quand ils seront grands ? Un veut être super-héros, un autre pompier et Guille clame haut et fort qu'il veut devenir Mary Poppins. Ses camarades rient et se moquent de lui. La maîtresse est déstabilisée par cette réponse et se rapproche de la psychologue de l'école. Quelques jours plus tard, elle demande à ses élèves de préparer chacun un numéro pour le spectacle de fin d'année. Guille propose à sa voisine Nazia d'être Mary Poppins et lui sera le ramoneur. Enjoués par ce spectacle, ils commencent tous deux à répéter mais tout ne va pas se passer comme prévu et Guille est envoyé chez la psychologue de l'école. S'ensuit alors des séances où Guille va révéler son mal-être à travers ses dessins. La psychologue et l'institutrice cherchent la réponse à la question que tout le monde se pose : Pourquoi Guille est-il obsédé par Mary Poppins ? Nous suivons aussi l'histoire du père du garçon qui semble en profonde dépression et qui ne veut en aucun cas entendre parler de danse, de chant et surtout de Mary Poppins par son fils. Il semblerait qu'un lourd événement soit le vecteur des comportements des personnages respectifs...

Alejandro Palomas nous livre un roman poignant, très fort en émotions. Nous nous attachons à Guille qui souhaite seulement que tout s'arrange dans sa vie et dans celle de son père. Il espère par un miracle qu'en disant trois fois le mot ''Supercalifragilisticexpialidocious'' tous ses soucis s'envoleront telle Mary Poppins dans le ciel. L'écriture d'Alejandro Palomas est délicate et poétique. Il sait transformer les mots en une véritable émotion. Ce roman n'est pas sans rappeler celui de Jonathan Safran Foer, Extrêmement fort et incroyablement près. Tous deux arrivent à mettre des mots sur la douleur d'un enfant face à la perte d'un être cher... Un véritable coup de cœur qu'il faut découvrir !

Amélie

Extrait : 

Guille tirait son père. Mais pas comme le fait un enfant qui devance l’adulte parce qu’il est impatient, ou excité, ou parce qu’il est pressé de rentrer chez lui. Non, Guille tirait son père comme un petit remorqueur tracte un navire épuisé et à la dérive pour le ramener au port. Comme on tire un poids mort, ai-je pensé, très précisément. En les regardant de la fenêtre, j’ai soudain compris que Sonia avait vu juste et que son intuition ne l’avait pas trompée : il y avait bel et bien un iceberg et la gaieté affichée de Guille n’en était que la partie visible.

Lien : une critique du livre sur 20minutes.fr 

Et pour finir, si on écoutait la chanson de Mary Poppins ?

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