Malgré tout… C’est l’heure des vacances, l’heure de se perdre entre les pages d’ouvrages inattendus, inclassables, loin des sentiers battus.

Les derniers du genre parvenus sur les rayons des fonds patrimoniaux sont l’œuvre d’un auteur vichyssois aussi discret que fécond décrit ainsi par Jean-Baptite Para dans la revue Europe (août-sept. 2006) : « Joël Cornuault est un écrivain qui aime les proses vagabondes, les méditations itinérantes qui embrassent des parcelles du monde dans le cercle du regard et de la pensée. Il peut s’agir d’un paysage, d’un instant de vie, d’un souvenir, ou encore de l’évocation de l’œuvre d’un poète ou d’un peintre. Le mouvement même de son écriture rend sensible un mélange de détachement et d’implication dans la marche du monde, de retraite silencieuse et de vive sensibilité du corps et de l’esprit. »

OPAC Détail de notice

Les trois élégants volumes, tout de blanc vêtus, édités par Isolato entre 2011 et 2015, ont été imprimés sur des presses typographiques qui laissent l’empreintes des caractères de plomb dans l’épaisseur d’un beau papier vélin. Les prendre en main est déjà tout un plaisir mais découvrir ce qui s’y trame…

Dans Ce qui fait oiseau, toutes sortes de volatiles nous entraînent dans des balades géographiques, botaniques et littéraires les plus variées, des bois du Périgord à la vallée du Sichon, en passant par les rives du fleuve Hudson, prétextes à l’évocation d’André Breton, Walt Whitman, Clément Janequin ou encore Valery Larbaud et Roger Caillois. Au col de la Chapelle nous ramène dans le Paris (18e arrondissement) des années soixante, guidé par un enfant promeneur et rêveur qui nous prouve que les pentes de Montmartre recèlent tout autant de trésors pour qui sait les observer. Enfin, Liberté belle est une véritable ordonnance contre la morosité, une injonction à profiter de la vie : « Naturellement, n’importe qui, même le moins entraîné des flâneurs, a pu saisir du coin de l’œil, à la dérobée, fortuitement, la beauté logée dans une tache de soleil, la surprise d’un oiseau, la vision d’une passante inconnue… ». Et pour cela, toutes les voies sont possibles : les rues de Passy comme les sentiers du Sancy, chemins où l’on croise Pissaro, Armstrong, Lao She et bien d’autres… Alors ne vous privez pas et suivez le guide !

 

Fabienne