Valery Larbaud, épistolier

Fil d'ariane

Valery Larbaud était un grand épistolier. En témoignent les 8800 lettres présentes dans sa bibliothèque. Et si certaines d'entres elles ont été l'objet d'éditions et de critiques, il en reste de nombreuses inédites.

Heureusement, les chercheurs « larbaldiens » se prennent régulièrement au jeu et font un énorme travail de déchiffrage et surtout de recherche pour mettre à la disposition du grand public la correspondance de l'écrivain vichyssois. Ainsi Gil Charbonnier et Delphine Vieillard se sont attelés à la correspondance Valery Larbaud - Jean Royère publiée dans les Cahiers des Amis de Valery Larbaud, dont le dernier volume paraitra l'année prochaine.

Mais aujourd'hui, vient de sortir aux Classiques Garnier Valery Larbaud et Jacques Copeau, correspondance (1911-1932)Valery Larbaud et Jacques Copeau, correspondance (1911-1932), éditée par Amélie Auzoux, jeune chercheuse parisienne, agrégée de lettres modernes.

On connaît Jacques Copeau l'homme de théâtre, directeur du « Théâtre du Vieux-Colombier ». L’expérience artistique qui y sera menée de 1913 à 1924, notamment par Louis Jouvet et Charles Dullin, appartient désormais à la grande histoire de la scène française. Mais, tout comme l’on ne connaît pas forcément les liens qu’entretenait Valery Larbaud avec le milieu théâtral de son époque, on ne soupçonne pas non plus que Jacques Copeau fut critique de théâtre pour plusieurs journaux, avant de participer en 1908 à la création de la Nouvelle Revue Française en compagnie de Charles-Louis Philippe, André Gide… et qu’il en sera le directeur en 1912-1913.

C’est en 1909, lors de l’enterrement de l’auteur cérillois que Jacques Copeau rencontre Valery Larbaud pour la première fois. Et même si le parisien fait une description peu flatteuse du vichyssois, les deux hommes vont entretenir une correspondance de 1911 à 1932, évoquant la vie quotidienne de la NRF, la guerre et leurs projets respectifs. On sent le respect entre les deux auteurs et la passion des lettres qui les animent l’un et l’autre. Malgré cela ils ne seront jamais véritablement amis, Jacques Copeau en assumera toute la responsabilité expliquant qu’il a gâché bien des amitiés par orgueil, mais écrira dans son journal en mars 1940 combien il aimerait « revoir Larbaud ».

Amélie Auzoux a retranscrit 62 lettres échangées entre les deux auteurs, conservées à la médiathèque Valery Larbaud et au département des Arts du spectacle à Paris. Elle a fait suivre cette correspondance par le texte inédit, également conservé à la médiathèque, de la première conférence de Valery Larbaud au Théâtre du Vieux Colombier en février 1923 sur les romanciers espagnols. L’auteur de « Fermina Marquez » en fera trois autres dont malheureusement il ne gardera aucune trace.

manuscrit larbaudManuscrit de la conférence donnée par Valery Larbaud au Théâtre du Vieux-Colombier

Martine

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies. Ces cookies sont utilisés pour réaliser des statistiques de visites.