Petit panorama de l’histoire des installations sportives de Vichy du XIXe siècle à nos jours

À l’occasion de Journées Européennes du Patrimoine, les Fonds patrimoniaux de Vichy avaient proposé une balade à vélo permettant la découverte de l’histoire des installations sportives vichyssoises. Le parcours, d'une dizaine de kilomètres, mettait en évidence la constante évolution de ces installations du XIXe siècle à nos jours.

 Le parc des SourcesLe Parc des Sources. Extr. de Vichy. Album édité par la Compagnie Fermière de Vichy vers 1904

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Le parc est un élément constitutif des villes thermales. En effet, dès le Moyen âge, les médecins recommandaient la promenade comme exercice complémentaire à la prise d’eau. Le parc des Sources, créé en 1812, à la suite du décret signé par Napoléon Ier, favorisait la déambulation entre les sources Chomel et Grande-Grille au nord, et la source de l’Hôpital au sud. Auparavant, les rives de l’Allier étant marécageuses, les curistes leur préféraient celles du Sichon, bientôt baptisées Allée Mesdames, en souvenir des filles de Louis XV qui avaient encouragé leur aménagement par la plantation de nombreux arbres. Le parc des Sources, véritable colonne vertébrale de la croissance urbaine de la ville, va aussi en devenir le cœur mondain. Les activités sportives vont être reléguées un peu plus loin du cœur thermal. On relève néanmoins quelques exceptions comme l’organisation de matchs de basket devant la terrasse du casino en 1951.Match USLV- Vichy Thermal, vers 1951 (Coll. part.)

 Pour en savoir plus : Delphine Renault-Jouseau. Vichy : invitation à la promenade. Lieux-Dits, 2010

 

Les parcs d’Allier

L’idée de la création des parcs d’Allier remonte à 1856 ; mais c’est à Napoléon III que l’on doit son exécution, après l’endiguement de la rivière en 1861, là encore dans le but de favoriser la promenade à proximité des installations thermales. L’ingénieur J.-F. Radoult de La Fosse dessine alors un parc à l’anglaise dans lequel sillonne une serpentine, ancien bras mort de l’Allier, prévue pour les promenades en barque de l’empereur. Source de nuisances (odeurs et moustiques), elle sera rapidement comblée et le canotage sera définitivement pratiqué sur l’Allier.

 

Mesnard photogr. La serpentine, vers 1865 (coll. M. Laval)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

En revanche, ce parc, plus familial que « l’ancien », est propice à la pratique du cyclisme. Dès 1869, le Maire s’inquiète des « évolutions de nombreux vélocipèdes qui sillonnent incessamment toutes les allées du parc » et, dans la bonne société qui fréquente Vichy, cette pratique n’est pas réservée aux hommes : en 1894, la presse locale remarque les « costumes coquets et fantaisistes » de la gent féminine ! Toutefois, les plaintes des promeneurs effrayés par ces engins aboutirent à une longue interdiction des vélos dans le parc. Ce n’est qu’au début des années 1990 qu’ils furent de nouveau admis. Ils sont aujourd’hui adoptés par toutes les générations et, depuis 2012, la pratique familiale est même encouragée par la présence des rosalies.

Cyclisme et promenades à dos d'âne. Carte postale, vers 1905 (FPV)

Tennis dans le parc Kennedy. Carte postale, vers 1910 (FPV)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

C’est également dans ces parcs d’Allier, côté parc Kennedy, que vont prendre place des courts de tennis en 1903. Si la première initiative vichyssoise en faveur de cette discipline revient à un privé (aux arènes, boulevard du Sichon), la Compagnie fermière, gestionnaire du domaine thermal, comprit vite l’intérêt qu’elle avait à proposer cette activité parmi les nombreuses distractions offertes aux curistes, en particulier à sa clientèle britannique, fervente adepte de ce sport. Auparavant, la Compagnie fermière avait réuni plusieurs activités sportives au sein du parc des Célestins puisque l’on y trouvait déjà un jeu de billard, un stand de tir et, deux courts de tennis depuis 1901. Le succès rencontré par ces derniers l’incita à aménager deux courts supplémentaires, en face de la source des Célestins, avec vestiaire équipé de douches, buvette, salon de lecture et de bridge. Ces courts furent le théâtre de grands tournois dont le premier, en 1903, fut présidé par le prince d’Annam. En 1906, six courts au total peuvent accueillir les tournois devenus internationaux.

 Pour en savoir plus : Fabienne Gelin et Lionel Bouvet. Echappées bucoliques. Ville de Vichy, 2017

 

L’Allier

Aujourd’hui, la rivière a un aspect bien différent de ce qu’il était sous le Second Empire : on installait alors, pendant l’été, un barrage à aiguilles à la hauteur de l’actuel restaurant de la Rotonde. Il créait une retenue d’eau suffisante pour le canotage ; mais le lit de la rivière restait parsemé d’iles. Les premières régates internationales furent organisées en 1889, suscitant la création de clubs vichyssois : L’Aviron vichyssois en 1892, puis le Club nautique en 1901 qui comprend aussi une section natation et même une section water-polo. Diverses écoles de natation s’installent sur les bords de la rivière qui sera aussi le théâtre d’une course fameuse : la traversée de Vichy, de 1925 à 1966. On peut aussi noter la pratique amateur et les concours de pêche à la ligne.

Ecole de natation au bord de l'Allier. Carte postale, vers 1930 (FPV)

Pour en savoir plus : Pierre Filliot. 1892-2012 : 120 ans d'aviron à Vichy. Club de l'Aviron de Vichy, 2012

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  

La Rotonde - Le Club nautique

Imaginé dès 1938 par les dynamiques acteurs du club d’aviron, le lac d’Allier est réalisé au début des années 60, lorsque le maire Pierre Coulon décide la construction d’un pont-barrage et l’aménagement d’un vaste plateau sportif, le parc omnisports, sur la rive gauche de la rivière ainsi domestiquée. Il vise ainsi à diversifier l’activité économique, en accueillant des stages et des compétitions internationales, afin de palier le déclin du thermalisme. Le bassin olympique, d’une longueur de 2 200 m sur 90 m de large, est complété, en rive gauche, par une marina (devant l’hippodrome), une série d’embarcadères fixes pour l’aviron (devant le Palais du lac), ainsi qu’une « banquette-plage » (bordure de ciment délimitée par des jardinières) à l’intention des pêcheurs. En rive droite, un port est construit à l’extrémité de la rue Callou, doté d’un bâtiment destiné à abriter à la fois le Yacht-Club, au niveau de l’eau, pour la voile et le motonautisme, et un restaurant à l’étage. La silhouette caractéristique de ce bâtiment semi-circulaire est due aux architectes Louis Marol (1902-1969) et Yervante Toumaniantz (1907-1969). Inaugurée le 17 mai 1964, elle a fermé en 2005 avant d’être rénovée par le cabinet Les Indiens blancs (Philippe Déro) en 2009.Construction de la Rotonde. Photographie, vers 1963 (FPV)

Le lac d’Allier, inauguré le 2 septembre 1963 avec la tenue des championnats du monde de ski nautique, continue d’accueillir de nombreuses compétitions nationales et internationales (aviron, ski nautique, motonautisme, triathlon…).

Le réaménagement des berges par l’agence Axe-Saône, entre 2010 et 2019, avec voie cyclable et abords revégétalisés, a permis aux Vichyssois ainsi qu’aux touristes de se réapproprier cet espace pour la promenade comme pour la pratique sportive, à pied, à vélo, à rollers…

Championnat du monde de ski nautique. Carte postale 1er jour, 1963 (FPV)

 

 

 

 

 

 

 Pour en savoir plus : Gilbert Étard. Historique du lac d'Allier de ses ponts, de son environnement. Ville de Vichy, 1974

 

 

 

Le stade municipal

Envisagé dès 1925, ce stade a finalement été construit en 1932 par Henri Ploquin et Charles Bouhana, auteurs du célèbre stade-vélodrome de Marseille, cinq ans plus tard. Il s’agit du premier équipement municipal, destiné aussi bien à la pratique amateure des Vichyssois qu’au spectacle. Il était en effet équipé d’une piste de 500 m, avec virages relevés, pour les courses cyclistes. Auparavant, celles-ci étaient organisées au concours hippique où il fallait monter des virages en bois provisoires. Cette piste cycliste ceinturait une piste pédestre de 400 m et toutes deux entouraient un terrain de football et rugby ; un terrain de basket-ball, ainsi que des sautoirs pour l’athlétisme étaient ménagés entre les deux pistes au nord et au sud de l’anneau. La pelouse eut longtemps la réputation de ne jamais geler en hiver car, aménagée sur l’ancienne zone d’épandage de la station d’épuration de la rue de Constantine, elle bénéficiait de la chaleur émise par la décomposition des résidus organiques. L’entrée principale, orientée vers le centre-ville, dans la continuité du pont du Sichon, donnait accès à des tribunes pouvant accueillir 12 000 spectateurs. Le projet initial prévoyait l’aménagement d’une piscine et de courts de tennis : la première sera sacrifiée au profit du parking rendu nécessaire par le développement de l’automobile, et les seconds, à des terrains annexes pour les sports collectifs. Malheureusement, le béton armé se dégrada rapidement ce qui entraina, à partir de 1988, la disparition progressive de la piste de vélo puis des tribunes. En 2001, sa transformation fut confiée au cabinet Les Indiens Blancs (Philippe Déro) qui construisit la nouvelle tribune, précédée de bureaux. L’entrée principale est désormais tournée vers l’Allier. Seuls vestiges du stade originel, les deux pavillons de l’ancienne entrée témoignent du style Art déco de l’époque.

Le stade municipal. Carte postale, vers 1938 (FPV)

Course d’athlétisme. Photographie, vers 1940 (coll. M. Laval)

 Pour en savoir plus : Ch. Sée. Les stades, leur disposition technique. In : La Construction moderne, n°43, 28 juillet 1935 

 

Le concours hippique ou stade équestre

Aménagé en 1887 par la Société Hippique Française qui devait quitter son site historique de Lyon, le stade équestre de Vichy est le plus ancien site de concours de saut d’obstacles en France. Il est le fruit de la collaboration entre la Société Hippique Française, le Cercle International et la Ville de Vichy, qui ont probablement imposé chacun leur architecte, soit respectivement : le Parisien Albert Thomas (1847-1907) pour le plan d’aménagement général ; le Lyonnais Henri Despierre (1835-1909), architecte attitré de Jacques Jurietti (1832-1919), propriétaire du Cercle International à l’origine de ce transfert à Vichy pour les tribunes (1 800 places), les écuries et les bureaux ; et, dix ans plus tard, le Vichyssois Henri Décoret (1865-1914) pour le pavillon d’entrée.

Concours hippique. Carte postale, 1908 (FPV)

Le stade sera régulièrement l’objet d’améliorations, avec notamment la construction d’une vaste halle de 136 boxes en 1988, d’un pavillon de réception en 1999, à l’occasion de la rénovation de l’ensemble des installations, puis, en 2022, le remplacement de la piste en herbe par une piste en sable fibré qui permet d’organiser des compétitions sur une plus longue période et à un rythme plus soutenu.

Le Concours hippique accueillit de nombreuses et diverses manifestations tout au long de son histoire, en particulier jusqu’à la construction du stade municipal. Le 2 septembre 1923 et le 19 juillet 1931, le compositeur Gustave Charpentier vint y diriger lui-même les représentations de son œuvre « Le Couronnement de la Muse du peuple ». Les corridas s’y tinrent également de 1949 à 1973.

Le stade équestre connut toutefois des heures plus sombres avec l’accueil de 30 000 réfugiés en 1940 puis l’emprisonnement de 753 personnes arrêtées par le Comité de Libération lors de l’épuration en 1944. Ce centre de rétention ferma ses portes durant l’été 1945 et les concours hippiques reprirent en 1947.

 

 

Le gymnase Alice Milliat

Construit en 1965 par les services techniques de la Ville de Vichy, ce gymnase est un équipement complémentaire de la cité des Ailes qui vient de sortir de terre. Il abrite aussi les rencontres d’une équipe de basket alors en pleine ascension, la Jeanne d’Arc de Vichy, qui accède cette année-là à la1ère division. Elle y remportera la Coupe de France en 1969 et sera vainqueur de Naples lors de la première manche de la finale de la Coupe d’Europe l’année suivante, avant de s’incliner à Naples. Cette salle mythique pour les aficionados de la balle orange à Vichy a fait l’objet d’une réhabilitation complète achevée en 2025, bénéficiant notamment de l’installation d’une tribune repliable de 400 personnes (la plus grande en France de ce type).

L'Espoir, 16 avril 1970 (FPV)

 

Le Centre omnisports (COS)

Pierre Pagès (ill.). Projet du centre omnisports, 1963 (FPV)

 

Cet ensemble sportif, imaginé au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, correspond à une volonté municipale de diversification économique, mais vise aussi à favoriser les échanges internationaux, en particulier l’amitié franco-allemande, en facilitant les rencontres de la jeunesse. Les Vichyssois vont pouvoir profiter de ces installations et y pratiquer une multitude de sports d’extérieur comme d’intérieur.

Si Pierre Coulon, maire de Vichy, prit la décision de créer le Parc omnisports en 1959, après avoir visité plusieurs aménagements sportifs de plein air en Europe (notamment le parc des Sports de la Wedau à Duisbourg - Allemagne), il dut aussi être inspiré par la réalisation privée du Sporting-Club. Situé en effet dans le prolongement de celui-ci, le parc permet également de réunir, dans un cadre agreste et aquatique, un ensemble d’installations « omnisports » ; mais, à la différence de son voisin, conçu pour l’agrément des villégiateurs et donc quelque peu élitiste, le Centre omnisports est imaginé avant tout pour une pratique sportive plus grand public.

Le plan originel est dressé en 1960 par le géomètre André Caillat : il occupe une surface 100 hectares de terres jusque-là inondables, comblées à l’occasion de l’aménagement du lac d’Allier. En juillet 1962, la ville confie les travaux aux architectes Yervante Toumaniantz et Louis Marol et au paysagiste J. P. Bernard.

Les premiers travaux sont entrepris au printemps 1963, diverses disciplines devant être disséminées sur une immense plaine de jeux : les terrains d’athlétisme, football, rugby, basket et tennis sont réalisés ; une rivière artificielle est créée pour la pratique du canoë-kayak. Alimentée par l’Allier, elle serpente en eau calme dans le parc sur 3 km et se termine en « eau vive » dans un stade de slalom équipé, d’une longueur de 350 m. Ce parcours est mis en service lors des championnats de France de canoë-kayak en août 1964. En revanche, parcours et manège hippiques, fronton de pelote basque, plage, piscine et patinoire, initialement prévus, ne verront pas le jour.

Différents bâtiments destinés à l’accueil, l’hébergement et la restauration des sportifs viendront compléter les infrastructures sportives : leur construction s’étendra sur une vingtaine d’années.

La Maison des Jeunes, voulue par Pierre Coulon pour offrir à la jeunesse un équipement destiné à leur épanouissement intellectuel, complément indispensable à l’épanouissement physique, ouvre ses portes le 5 octobre 1967. Elle comprend un vaste hall, un bar, une salle de télévision, un studio d’enregistrement, des ateliers, une bibliothèque, un cabaret et, enfin, une salle de spectacle de 430 places dont le fond de scène débouche, à l’extérieur, sur le plateau d’un théâtre de plein air de 1 800 places, séparées de la scène par un bassin circulaire. Les murs de béton sont habillés de mosaïques et soutenus par une armature évoquant des pattes d'insectes.

Le Centre international de séjour, en fonctionnement depuis 1966, a été entièrement rénové en 1999 pour être habillé de panneaux de polycarbonate de teinte vert d’eau. Il dispose de 110 chambres réparties dans neuf bâtiments. Il a de nouveau fait l’objet d’une rénovation complète dans la perspective des Jeux Olympiques Paris 2024 afin de répondre aux standards des équipes nationales et professionnelles.

L’ensemble du parc qui couvre aujourd’hui 350 hectares a été baptisé Parc omnisports Pierre-Coulon en 1969, deux ans après la mort de son créateur. Son buste exécuté par Robert Mermet fut inauguré à cette occasion.

Championnat d’Europe d’aviron. Carte postale 1er jour, 1967 (FPV)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Palais des Sports et les autres installations sportives

Le gymnase, comprenant deux salles pour les sports collectifs, fut édifié en 1972, toujours selon les plans de Louis Marol. Sa façade sud est ornée d’un bas-relief de Tajana représentant un match de basket. La capacité de la grande salle, originellement de 2 500 places fut portée à 3 200 en 2002. Suivirent ensuite :

  • un boulodrome (1974)
  • le CRAPA (Circuit Rustique Aménagé et de Plein Air), boucle de 1 750 m dans les allées du parc, ponctuée de 21 stations proposant différents exercices grand public (1975)
  • un stade d’athlétisme (1978-79)
  • une zone clôturée de tir à l’arc (1980)
  • une salle d’escrime (1981)
  • le centre départemental de tennis (deux courts couverts – 1987)
  • un boulodrome couvert (1988-89).

Les derniers aménagements du Centre omnisports

Déjà prévu auparavant, le grand plan de rénovation des installations sportives de Vichy a été accéléré en vue de l’organisation des Jeux Olympiques 2024 à Paris afin d’être en capacité d’accueillir un maximum de disciplines. Les travaux ont permis la création de plusieurs nouveaux équipements ou la rénovation d’anciennes installations :

  • Nouveaux vestiaires pour football et rugby dus à l’architecte vichyssoise Nathalie Alvergnat comprenant douze vestiaires joueurs (dont deux premium) et six vestiaires arbitres
  • Terrain de beach (volley, soccer ou rugby)
  • Pôle d’athlétisme signé Keops architecture (Roanne), muni de six couloirs de course couverts, deux sautoirs pour la perche, un sautoir pour longueur et triple-saut, un pour la hauteur, ainsi que de bureaux et vestiaires
  • Terrain de basket 3x3
  • Passerelle sur la rivière artificielle, accessible aux personnes à mobilité réduite, conçue par PCM ingénierie
  • Rénovation des vestiaires anciennement nommés « Rotonde des tennis », pour répondre aux attentes des équipes de football et de rugby de haut niveau qui peuvent désormais effectuer leur préparation et leur récupération physique sur place. Ce bâtiment de 1 000m² est composé de
  • deux vestiaires VIP de 64 m²
  • une salle de préparation physique avec bancs de musculation
  • une salle de récupération avec bains froids
  • une pièce de débriefing vidéo
  • un espace de convivialité

Plan général du Centre omnisports après travaux de 2024

  

A la jonction entre le COS et CREPS, un double gymnase de 3 800 m2 a été conçu par le cabinet clermontois CRR Architecture. Il comprend deux terrains de hand/volley séparés par une cloison amovible, une tribune de 200 places, et peut également accueillir 800 m2 de tatamis ou cibles pour le tir à l’arc à 70 m.

Le CREPS

À la fin des années soixante, le Centre Régional d’Education Physique et Sportive (CREPS), auparavant situé à Châtelguyon, devait déménager à Clermont-Ferrand, alors même que se dessinait la vocation sportive de Vichy. Pierre Coulon intervint alors et proposa d’offrir les terrains pour convaincre le ministère de la Jeunesse et des Sports d’installer cette structure complémentaire au sein du Parc omnisports de Vichy à partir de 1970. Tout au long de ses cinquante ans d’existence, il aura abrité :

-        l’Institut National du Football (INF) ancêtre de l’actuel site de Clairefontaine, de 1972 à 1987

-        l’École fédérale de golf, de 1982 à 2010

-        le Pôle France Jeunes Handisport de natation, de 2011 à 2018

-        plusieurs pôles régionaux de haut-niveau - basket-ball, boxe française, canoë-kayak, escrime, tennis de table, football, aviron, athlétisme - à partir de 1986.

Il a lui aussi bénéficié d’une importante campagne de travaux menée par le cabinet d’architecture Denis Ameil, en vue de Paris 2024, avec la construction d’un pôle santé et performances composé de cabinets médicaux, d’espaces de récupération avec trois bassins (chaud, froid, tempéré), sauna, hammam, etc.,  d’une salle d’entrainement à environnement contrôlé (simulation de conditions particulières de température, hygrométrie et normoxie/hypoxie) et d’un pôle restauration comprenant un self, une cafétéria et un espace privatif pour une équipe. Les deux gymnases ont été rénovés, ainsi que les bâtiments d’hébergement Bourbonnais et Velay qui ont été reliés, offrant un nouvel espace convivial équipé de vidéo. Ils offrent désormais 120 lits dont 15 chambres hypoxiques qui permettent de simuler les effets de l’altitude.

Le CREPS de Vichy est toujours l’unique site de concours de recrutement des professeurs d’Éducation Physique et Sportive (CAPEPS). S’il a gardé le même acronyme, il signifie aujourd’hui Centre de Ressources, d’Expertise et de Performance sportives.

Au total avec le COS, ce sont 6 000 m2 de nouveaux bâtiments qui ont été construits pour un montant global des travaux de près de 60 millions d’euros, dont plus de la moitié financés par la région. Cet effort a été récompensé puisque Vichy a pu accueillir 36 équipes de 10 nations différentes, dans 18 disciplines, devenant ainsi le premier centre de préparation des Jeux Olympiques et Paralympiques 2024.

L’hippodrome

Il s’agit du premier équipement sportif installé sur la rive gauche de l’Allier, et il sera bientôt rejoint par tous ceux qui nécessitent de vastes espaces. L’initiative, soutenue par Napoléon III dès 1864, en revient au baron de Veauce en 1875. Propriétaire terrien, maire de Veauce, conseiller général, député puis sénateur de l'Allier, il aimait les chevaux et les courses, comme son ami et voisin le duc de Morny avec qui il fonda, dès 1845, la Société bourbonnaise d’encouragement pour l’amélioration de la race chevaline. Membre du Jockey-Club, il créa un élevage de pur-sang dans sa propriété de Veauce.

À l’origine, les installations sont sommaires : des tribunes mobiles provisoires sont montées pour la courte période des courses qui connaissent quelques vicissitudes. La Compagnie fermière se voyant interdire l’organisation de jeux d’argent en 1881, la tenue de courses est suspendue jusqu’en 1886, date à laquelle un groupe de commerçants, industriels et habitants, réunis au sein du Cercle International et de son fondateur Jacques Jurietti, décide de les relancer.

En 1895, l’architecte lyonnais Henri Despierre est chargé d’importants travaux d’amélioration : il construit la première tribune fixe (à l’emplacement de l’actuelle) ainsi que le bâtiment du pesage, et travaille à l’amélioration des pistes. Au début des années 1900, les installations sont complétées par un salon d’été et un portique d’entrée en rustique (toit de chaume et rocaille de faux rondins en ciment) fournis par la maison G. Boufferet de Droiturier. À la veille de la Première Guerre mondiale, sont encore ajoutés deux miradors ainsi qu’une nouvelle tribune réservée aux propriétaires et entraîneurs. Vers 1925, nouvelle mise au goût du jour avec la reconstruction du portique d’entrée et de la clôture dans le style Art déco ainsi que du bâtiment du pari mutuel, et l’installation de boxes supplémentaires.

 Entrée et tribunes de l’hippodrome. Carte postale, vers 1910 (FPV)  Entrée et tribunes de l’hippodrome. Carte postale, vers 1930 (FPV)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La tribune actuelle, due aux architectes Louis Marol et Gaston Leclaire, a remplacé les deux anciennes en 1952 : elle abrite 1 500 places, des guichets de jeux pari mutuel et deux restaurants. Une des anciennes tribunes, offerte à la ville, a été démontée pour être réinstallée à l’ancien tir aux pigeons lors de sa transformation en stade scolaire en 1955.

Enfin, un espace VIP a complété ces installations en 1995.

L’hippodrome de Vichy est aujourd’hui l’un des plus vastes (53 hectares) et des plus beaux de France - aux dires des spécialistes- avec une piste de galop de 2 000 m, une piste de trot en pouzzolane de 1 325 m, une piste d’obstacles de 3 400 à 3 900 m et deux pistes d’entraînement de 900 et 1 600 m. Il accueille environ quarante réunions par an.

Le golf

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

En 1907, Joseph Aletti, directeur de la Société des Grands Hôtels de Vichy, souhaitant attirer la riche clientèle anglo-saxonne qui privilégie les villes disposant d'un golf pour ses lieux de villégiature, se rapproche de la Compagnie fermière. Voisin de l’hippodrome, facilement accessible par canot ou par la passerelle des courses, le golf de Vichy est aménagé sur des bras asséchés de l’Allier grâce à la construction d’une digue, ne laissant qu’une rivière artificielle. Arnaud Massy, célèbre champion de golf, est choisi pour dessiner le parcours de 9 trous sur 3 km et 25 ha, complété par deux jeux de croquets et un jeu de boules à l’intention des dames et des enfants. Un club-house, construit d'après les plans de G. Simon, dans le style normand si cher à l’architecte de la Compagnie, natif de Deauville, se signale dans le paysage grâce à son clocheton bien identifiable depuis la rive droite de l’Allier.  L’ensemble est inauguré le 1er mai 1908 et devient bientôt un site de compétitions internationales qui offrent un nouveau spectacle.

Le parcours passe de 9 à 14 trous en 1912 et à 18 trous en 1914. En 1922, on aménage un deuxième parcours de 9 trous (1,92 km) dans les dépendances du champ de courses (fermé de juin à septembre, en raison des courses hippiques). Le parcours de 18 trous sera transformé entre 1944 et 1946 pour lui donner sa physionomie actuelle.

Durant l’hiver 1930-1931, le pavillon sera agrandi, avec l’aménagement d’un bar et d’un restaurant couvert, et l’installation de chauffage et d’eau chaude dans les vestiaires ; mais, en 1936, le club-house perd une partie de son identité avec la suppression de son clocheton dont l’entretien était trop coûteux. Le golf de Vichy, désormais propriété des membres du club réunis en association, accueille chaque année environ 1 500 joueurs réguliers ou occasionnels et une quarantaine de compétitions.

 

Les tennis et la piscine du Sporting

Le Sporting-Club, créé en 1922 dans le prolongement et en complément du golf, permet de regrouper sur un même site les principaux sports estivaux : tennis, piscine, rawing (aviron)Vichy capitale thermale. Guide, 1939 (coll. M. Laval) mais aussi basket, volley, foot, hockey, bowling, escrime et même carrière pour l’équitation. Si ces installations sont avant tout destinées aux villégiateurs, il faut noter que la Compagnie fermière les met gracieusement à disposition des clubs locaux pendant l’hiver.

Avec le Golf, les installations occupent une surface de 68 ha d'un seul tenant sur les bords de l'Allier. Les aménagements vont s'échelonner sur plusieurs années :

  • 1923 : 5 courts de tennis et une piscine flottante, sur l’Allier, près du pont de Bellerive.
  • 1924 : 5 courts supplémentaires dont un pour la compétition, bowling, terrain de basket-ball. Le Sporting-Club propose alors également à ses membres la pratique de la pêche à la ligne, de l’aviron et du tir aux pigeons sur d’autres sites.
  • 1928 : 10 courts de tennis, dont 1 court couvert et éclairé, 1 terrain de football et des pistes d’escrime.
  • 1929 :  une carrière destinée aux cavaliers débutants.
  • 1937 : 4 nouveaux courts de tennis.
  • 1938 : un club-house édifié à l’emplacement de l’ancien accès au Sporting qui est alors déplacé sur son lieu actuel ; un restaurant sépare les deux ailes abritant les vestiaires des dames à l’est et ceux des hommes à l’ouest.
  • 1939 : une piscine aménagée par l’architecte Louis Aublet sur l’emplacement de l’ancien terrain de hockey. Longue de 33 m et large de 12, elle est recouverte de céramique colorée, dotée d’un grand plongeoir et ceinturée par un jardin à la française. Elle ne sera mise en eaux qu’en 1940.

O. Zinger. Sporting de Vichy. Carton publicitaire, 1952 (coll. M. Laval)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 En 1947, le Sporting dispose de 15 courts de tennis et en comptera 18 en 1989. Il a accueilli la Coupe Galéa (équivalent de la Coupe Davies des espoirs) de 1952 à 1991. On y a vu notamment Noah et Lendl.

En 2021, l’ancien club-house a été transformé en restaurant, et la surface de la piscine qui lui reste attachée a été réduite. S’agissant des courts de tennis, une vaste compagne de rénovation s’est achevée en 2025 sous la direction de Comte-Vollenweider Architectes (Nice et Paris), avec Florent Doux (Vichy), architecte associé, et le paysagiste Marco Rossi. L’ancienne halle couverte qui comportait trois courts de tennis en terre battue a été remplacée par deux halles couvertes, et un nouveau club-house abritant un bar avec restauration rapide, des vestiaires et des bureaux. Les joueurs de tennis disposent désormais de 13 courts : 11 en terre battue dont trois en intérieur et 2 en résine éclairés en extérieur. Tandis que 12 pistes sont mises à disposition des joueurs de padel, dont 6 en intérieur, 6 en extérieur avec éclairage.

 

Comte-Vollenweider Architectes. Projet pour la rénovation du Sporting, 2023

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Le site accueille le Centre National d’Entraînement de Padel de la Fédération Française de Tennis

 

Les tirs aux pigeons

En complément de ses infrastructures sportives destinées aux classes aisées, il faut également citer les deux tirs aux pigeons construits successivement en rive gauche : le premier par Antoine Percilly en 1902 le long de l’Allier (aujourd’hui transformé en stade universitaire) et le second à Bellevue, près de l’actuel stade nautique, par Raymond Février en 1937, qui sera inauguré à l’occasion des championnats du monde.

 

Carte postale, vers 1930 (FPV)Mougins. Photographie, vers 1938 (Musée de l’Opéra)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L’ancienne piscine de Bellerive

 Enfin, un projet intercommunal vint, après la Seconde Guerre mondiale, compléter ces installations sportives de la rive gauche, cette fois à destination de la population locale. Un premier projet avait été conçu par l’architecte Gibert Brière en 1935, mais ce sont finalement le Niçois Marcel Damas et les Vichyssois Henri Mazon et Charles Buhler qui seront chargés de sa construction.  Inaugurée le 25 mai 1947 par Marcel-Edmond Naegelen, alors ministre de l'Éducation nationale, elle est composée de deux bassins de 50 m et 25 m. Ce dernier sera couvert et doté de chauffage par l'architecte Louis Marol en 1966.

822395Carte postale, vers 1950 (FPV)

 

Les installations ont été endommagées à la suite de la crue du 25 décembre 1973, et le bassin couvert de Bellerive a fermé définitivement le 26 décembre 2003 ; la piscine extérieure ferme à son tour le 10 décembre 2007, remplacée par le nouveau stade nautique, construit sur les hauteurs de Bellerive par Jacques Rougerie en 2005-2007.

 

 

Bibliograhie

  • Gilbert Étard. Historique du lac d'Allier de ses ponts, de son environnement. Ville de Vichy, 1974
  • Pierre Filliot. 1892-2012 : 120 ans d'aviron à Vichy. Club de l'Aviron de Vichy, 2012
  • Fabienne Gelin et Lionel Bouvet. Échappées bucoliques. Ville de Vichy, 2017
  • Delphine Renault-Jouseau. Vichy : invitation à la promenade. Lieux-Dits, 2010
  • Ch. Sée. « Les stades, leur disposition technique ». In : La Construction moderne, n°43, 28 juillet 1935 (en ligne)