Un monde sans animaux 
L’archipel des animaux bannis d’Yves Grevet aux éditions Syros
Les dernières années ont été marquées par une série d’épidémies mortelles. Elles se sont transmises des animaux aux êtres humains. Pour faire face à ces maladies, les Etats ont opté pour une solution radicale : l’interdiction des animaux, de l’élevage, de la consommation de viande et des produits d’origines animales. Les animaux ont été parqués dans des « enclos de sauvagerie », loin de la population. Personne n’a le droit d’entrer à l’intérieur, ceux-ci sont surveillés et entourés de très haut grillages. Pourtant, malgré les risques, certains humains ont choisi de vivre dans les enclos. Pour cela, ils ont signé un formulaire « à vos risques et périls » qui décharge l’Etat de ses devoirs en matière de protection et de sauvegarde de la population. En résumé, ils sont livrés à eux-mêmes.
Jarod, jeune adolescent de 15 ans, a été obligé d’abandonner son chien dans un « enclos de sauvagerie ». Il n’arrive pas à l’oublier, il aimerait le revoir mais il sait que c’est impossible. Jarod n’a pas vraiment d’amis, les rapports avec ses parents sont difficiles surtout avec son père. C’est pourquoi il a toujours eu un lien très fort avec Syrius. Nora, une camarade de classe, a aussi perdu son chien. Elle comprend la détresse de Jarod et la partage. Cette tristesse est ce qui les rassemble, elle crée petit à petit une amitié très forte. Ils aiment, tous les deux, les animaux et ils se désolent de la situation actuelle. Nora adore les oiseaux et aimerait écouter à nouveau leurs chants.
Une idée un peu folle germe dans l’esprit des deux adolescents, celle de partir à la recherche de Syrius, de pénétrer dans l’enclos de sauvagerie où il est retenu. Ainsi, Jarod pourra profiter de son chien et Nora pourra écouter la douce mélodie des oiseaux. C’est d’ailleurs exactement ce qu’ils vont faire même si pour cela ils doivent mentir à leurs parents, passer clandestinement une frontière étroitement surveillée, affronter la nature sauvage mais aussi l’animal le plus dangereux de tous : l’être humain.
Après Méto et U4, Yves Grevet propose, à nouveau, un univers dystopique. Une dystopie très proche de notre réalité où il met en avant une confrontation entre l’humanité et la nature. Avec ce postulat, l’auteur arrive à aborder de nombreux questionnements actuels sur l’écologie, nos rapports avec les animaux, l’alimentation, l’élevage ou encore la radicalité. Toutes ces réflexions font partie intégrante de l’histoire, les héros sont amenés naturellement à se poser ces questions, ce qui rend le récit d’autant plus intéressant. C’est aussi une histoire d’amitié, d’amour naissant. Un roman qui plaira, sans aucun doute, à nos jeunes lecteurs. A partir de 12 ans.
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Florent
Extrait
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"Des gens de l'extérieur ont également choisi de rejoindre ces zones, au moment de leur mise en place, parce qu'ils refusaient de suivre les règles de séparation avec les animaux en vigueur sur le reste du territoire. Parmi eux, on trouve de tout : des chasseurs, des éleveurs, mais aussi des passionnés de nature, des gens qui veulent vivre en communauté selon leurs propres lois. Et bien entendu des propriétaires de chien prêts à abandonner une vie normale pour ne pas être séparés de leur animal. En général, les journalistes décrivent les enclos de sauvagerie comme des zones de non-droit où la mortalité est très forte. Ce que je lis dans leurs articles me donne pas mal d'arguments pour convaincre Nora de renoncer à son dangereux projet. Mais certains médias alternatifs sur le Net remettent en cause ces informations, dont il est vrai qu'elles sont rarement étayés par des chiffres."